Le choix d'Ali
Ali vit à Paris en couple avec Eric depuis 2 ans. Un soir, il reçoit un coup de fil de sa sœur qui l’informe que sa maman a fait un AVC. Il n’hésite pas; il décide de retourner à Besançon. Eric l’accompagne. C’est un retour périlleux qu’Ali effectue dans sa famille musulmane pratiquante où l’homosexualité est grand péché…
Car la douce musique du compère régulier du réalisateur, l’Arménien Jo Macera, accompagne dans les films d’Amor Hakkar des moments où se jouent les contradictions humaines. Elles constituent le centre de son cinéma minimaliste et en font la qualité. Même s’il prend des thèmes forts comme la mort, l’exil, la stérilité ou la mémoire, ce n’est pas dans une dualité complaisante mais dans le souci de les ramener à l’humain. Il le fait avec une magnifique simplicité et une grande épure qui masquent le fait qu’au fond, rien n’est simple. Si bien qu’on sort du film interloqué et que s’ouvre alors à nous la richesse de la réflexion et de l’échange pour en saisir la complexité. Du grand art.
O. Barlet-Africultures 5/12/2019